Les techniques
Teinture végétale
La teinture textile végétale consiste à teindre des tissus ou des vêtements avec des pigments naturels. Ces derniers sont généralement issus de plantes, de racines ou d’écorces d’arbres, donc de végétaux et déchets alimentaires, type épluchures, noyaux ou coquilles.
Les couleurs obtenues sont parfois très étonnantes et elles sont souvent imparfaites. Cela fait partie du charme de cette pratique, souvent imprévisible, on ne peut pas tout maitriser et cela oblige au lâcher prise.
Les étapes

La cueillette
Il y a beaucoup de possibilités de récoltes et d’essais à tenter mais de nombreuses plantes tinctoriales sont référencées et garantissent un résultat de nuancier. La règle des cueilleurs est de ne récolter qu’un tiers maximum de la ressource disponible. La cueillette diffère évidemment suivant les saisons ce qui offre un nuancier d’autant plus riche et variable.
La préparation du tissu
La préparation du tissu nécessite aussi plusieurs phases :
- Le lavage et décatissage du tissu pour obtenir un tissu propre débarrassé de ses apprêts
- L’engallage pour les fibres végétales : il s’agit d’un bain de tanins végétaux qui facilitera la fixation des mordants
- Le mordançage va permettre de diffuser la teinture dans toute l’épaisseur du tissu. Certains végétaux, riches en tanins, ne nécessitent pas cette étape.


La décoction
Il faut d’abord préparer les végétaux, suivant leur nature, en les découpant ou les broyant. Eventuellement, les faire tremper ou macérer en amont. Les végétaux peuvent être frais ou séchés. Ensuite, on fait chauffer le végétal dans l’eau pour en extraire le colorant. La durée, la quantité de végétaux, la qualité de l’eau, sont autant de paramètres qui peuvent influencer le résultat. Ensuite, le tout est filtré pour obtenir uniquement le bain de teinture.
La teinture
Le tissu humidifié préalablement est immergé dans le bain de teinture et le tout est chauffé à feu doux pendant une petite heure, en remuant régulièrement. Ensuite, on laisse le tissu refroidir dans le bain le plus longtemps possible. Le tissu teinté doit sécher à l’ombre. Après séchage seulement, on peut admirer le couleur finale.
Une étape facultative, le nuançage, consiste à faire varier la couleur obtenue en ajoutant des adjuvants acides, alcalins ou ferreux.

Motifs
D'autres techniques permettent de créer des motifs par réserve de teinture :
Le Shibori est un procédé qui provient initialement du Japon. La méthode consiste à plier, serrer ou nouer les tissus avec diverses techniques pour que la teinture ne prenne pas sur certaines parties et créer ainsi un motif. Il existe d'autres techniques avec application de cire, argile, comme le bogolan et le batik.
Empreintes végétales
Le tataki-zomé est un art ancestral japonais. Cette technique consiste à marteler sur un tissu des végétaux fraîchement cueillis pour réaliser une impression. L’opération de martelage libère les sucs des plantes et provoque l’évacuation de la sève sur le tissu qui s’en imprègne. En japonais, “tataki” veut dire “marteler” et “zomé” signifie “teindre”
L’ecoprint consiste à récolter l’empreinte tinctoriale d’un végétal sur un tissu. Pour ce faire, on réalise des « bundle », c’est-à-dire des petits fagots de tissus où l’on emprisonne les végétaux, bien serrés contre le tissu et que l’on met «à cuire» dans la vapeur.
Les tissus sont mordancés pour fixer durablement les empreintes.

La pérennité
La teinture végétale, lorsqu’elle est réalisée avec les bonnes plantes et techniques, a une très bonne tenue dans le temps. En effet, avant l’utilisation des colorants chimiques, la teinture était réalisée à partir d’ingrédients naturels, pensez par exemple aux tissus du Moyen-Âge !
Cependant, pour préserver la couleur de manière durable, il faut apporter quelques bons soins au tissu (lessive douce max 40°, séchage à l’ombre, repassage doux à l’envers,...).
















